Histoire de la poterie en Pays de Bray

 

 

Pages en cours de réalisation. Patience...Merci.

Faïences de Forges les Eaux

 

 

Historique

 

L’industrie de la poterie prit naissance sous l’occupation romaine. Pendant des siècles, on fabriqua des poteries grossières en terre, puis des pipes. Les argiles, dites blanches que l’on extrayait à Forges, étaient très appréciées par les grandes faïenceries du XVIIIème : Douai et Boulogne s’approvisionnaient à Forges. En 1797, Georges Wood, d’origine anglaise, s’installe à Forges avec sa famille et fonde la première faïencerie. Le 17 février 1811, Georges Wood meurt à l’âge de 55 ans.

 

Le 12 mai 1812, Madame Wood confie la direction de l’usine à l’un de ses employés, Nicolas Marin Ledoux. Six semaines plus tard, elle l’épouse. Ledoux est sérieux et les affaires marchent bien. La fabrique porte désormais l’appellation « Faïencerie Ledoux-Wood » et compte une quarantaine d’ouvriers. Le succès de Ledoux suscite des vocations, et une seconde manufacture, beaucoup plus moderne, se crée grâce à Monsieur Mutel-Cavelan.

 

En 1830, les faïenceries Ledoux atteignent leur apogée, elles occupent alors une centaine d’ouvriers. En 1836, Nicolas Ledoux cède son usine à son fils André, et installe dans la seconde usine deux des enfants du premier mariage de Madame Ledoux-Wood, Jean et Richard.
En 1856, les deux usines Wood fusionnent. Pendant ce temps, une autre usine de faïence a été créée, celle dirigée successivement par Constant, Dupuis et Bigot. Ce dernier exécutera des faïences particulières jaune-ocre, avec des taches brunes.

 

À Richard Wood succèdera Monsieur Herbel, puis son gendre Monsieur Rohaut, qui sera le dernier fabricant de faïences de cette époque. Cette usine figure sur un plat à l’hôtel de Ville de Forges.

 

 

Caractéristiques

 

La faïence fine 
Elle est réalisée avec de l’argile blanche –d’un blanc crème – dite « terre de pipe » : cette argile servait à la fabrication des pipes. Cette faïence n’est pas émaillée : elle est seulement vernie (couverte).

 

Outre la production de vaisselle plate, on note une importante production de pièces de forme (saucières, saladiers…). Cette vaisselle est non seulement faite pour figurer dans les vaisseliers mais aussi pour être utilisée.

 

Les pièces sont généralement réalisées au moule, et les décors au pinceau et à l’éponge. Les bords sont souvent entourés d’un trait noir de manganèse. L’éponge est utilisée en décoration sur les marlis ou pour imiter le feuillage des arbres. Ce décor à l’éponge est une des spécialités de Forges. Ledoux s’inspire au départ des images d’Épinal et de Besançon, puis il représente des périodes de l’histoire, des militaires, des chasseurs, des coqs…

 

 

La faïence épaisse 
Les culs noirs : Ces faïences sont réalisées avec de l’argile d’un blanc grisâtre, généralement craquelée : elles sont appelées « culs noirs » car le dessous des pièces est recouvert d’un émail brun foncé, que l’on obtenait en utilisant de l’oxyde de manganèse, employé pour sa robustesse et la modicité de son prix de revient. 
C’est une faïence épaisse, un peu grossière, destinée à être utilisée quotidiennement par une clientèle modeste. La décoration se borne souvent à des sujets naïfs : maisons, poissons, églises….

 

Les culs bruns : Au dernier tiers du XIXème siècle, les règles de fabrication ont été modifiées, ainsi, les décors à l’éponge des marlis se sont rétrécis, les couleurs ont perdu de leur éclat et la qualité de l’émail utilisé pour le dessous des plats n’est plus d’un beau brun violet foncé. 
Les motifs décoratifs sont très variés : ils sont souvent inspirés par l’actualité. Ils reproduisent des faits marquants de l’époque : épisodes militaires des guerres du Premier Empire, Révolution de 1830, introduction en France de la première girafe, oiseaux exotiques. Mais le plus souvent, pour les grandes séries, la décoration se borne à des sujets

naïfs et populaires : fleurs, animaux, maisons campagnardes, scènes de chasse, de la vie paysanne. 
Les couleurs prédominantes sont le vert et le bleu. 
La production de faïences s’est éteinte à la fin du XIXème siècle.

 

Extrait de la brochure réalisée par la Mairie de Forges-les-Eaux

 

L’Atelier « Terre de Bray » poursuit la tradition des faïences de Forges.

 

 

 

 

Les faïences fines d'Aumale.

 

 

Nous trouvons deux Manufactures. La première semble apparaître en 1811, c’est la Manufacture Bailly, qui s’implante de façon très morcelée. À la cote B 705 et 708 du cadastre de 1825, il existe un moulin et un magasin, puis près du lieu où va se trouver l’autre faïencerie, un four à biscuit et un atelier de peintre. Par contre nous ignorons où se trouvait son atelier de modelage, tournage et garnissage. Certains auteurs (TARDY & LESUR) avancent la date de 1806.

 

Mais dans nos recherches aux archives, rien ne permet de confirmer cette date d’implantation à AUMALE. Nous émettons une hypothèse : depuis le début du 19è le sieur BAILLY était colporteur marchand de faïences à Forges les Eaux et dans cette ville, il était en bonne relation avec Georges WOOD, créateur de la manufacture de Forges. Ce dernier était d’ailleurs le témoin présent en 1805 à la déclaration de naissance d’Elisabeth Bailly. Jusqu’en 1808, on trouve toujours BAILLY à Forges à travers d’autres documents.

 

En 1810, nous le retrouvons à AUMALE lors de la naissance d’un de ses fils, où il se déclare comme marchand faïencier (les deux témoins présents sont Louis Henri LEMOINE et Jean Henri BESSEL 47 ans, faïenciers).

 

 

Dans les années 1811 et 1812 nous voyons arriver plusieurs faïenciers et ouvriers faïenciers venant de Forges (VIVIEN, Jacques LELONG, Louis LEBLOND). On voit que la manufacture se développe. En 1815 deux faits apparaissent : la création du moulin à silex dans la commune de Ste Marguerite à Rivery, et des demandes de colportages pour aller vers Laon.

 

De 1815 à 1824, nous rencontrons de nombreux documents qui indiquent que la manufacture BAILLY et Cie est en fonction. En 1830 cette manufacture ferme ses portes.

 

L’autre faïencerie se situe à la cote cadastrale B645.

 

Au départ il s’agit d’un moulin à moudre des cailloux pour faïencerie, situe sur un ruisseau, côté gauche de la rivière Saint Lazare, construit en 1814 par Jean Marie BAILLET, perruquier à Aumale. Ce moulin devient la propriété de François Olivier LASSEUR, juge de paix à Aumale quelques années plus tard. En 1818, il expose qu’il est propriétaire d’un lieu sis en la ville d’Aumale « situe à l’emplacement même dont il est question sur lequel il est établi une manufacture de faïences ».

 

En 1825, la faïencerie est la propriété de BAILLET et LAMBERT. En 1834, ce n’est plus une faïencerie.

 

Analyse

 

Grâce à l’histoire des personnages rencontrés dans les faïenceries, on peut placer dans cette analyse une origine de production essentiellement Forgionne, avec une forte dominante de pièces à décors peints. L’arrivée de MERY, vers 1824, a du introduire le décor par impression à Aumale. Qui est ce MERY ? C’est un fabricant de faïences. Il est exploitant de la manufacture de Sèvres. En 1808, cette manufacture avait racheté le brevet d’impression au fils POTTIER de Chantilly. C’est là que MERY prit connaissance de l’impression. En 1813, il fait une demande pour pratiquer l’impression sous couverte. Il obtient ce brevet le 25 novembre 1814. On le retrouve comme facteur d’impression à Paris au n° 12 de la rue Rocher, puis au 39 rue Montmartre, sous la dénomination DORIVAL & MERY. Nous avons pu comparer les signatures de MERY à Paris et celle de MERY à Aumale,ces signatures sont identiques. JULLET, lui est imprimeur en taille douce à Paris. C’est certainement lui qui a produit une partie des planches d’impression pour Aumale.

 

Les couleurs peintes

 

Le vert, le jaune, le bleu, le brun de manganèse, et surtout un rouge de fer combiné à la terre ocrée, qui a pour caractéristique d’être peu solide.

 

Principaux sujets rencontrés sur les faïences d’Aumale à décors imprimés

 

Les portraits royaux, les campagnes napoléoniennes, les anecdotes de l’histoire de NAPOLÉON, la vie d’un soldat sous l’empire,les petits faits d’armes sous l’empire, la vie du Comte PONIATOWSKI, les batailles de l’Empire entre la réddition et les cents jours, l’histoire de Guillaume Tell,une série de chansons, la campagne d’Espagne sous Charles X, les quatre saisons, le thème allégorique, les monuments de Paris, des vues de pays étrangers et de Normandie,une série de chinois, une série de cavaliers dans des médaillons ovales, des rébus, les Fables de la Fontaine en petite vignettes,puis nous connaissons une Jeanne d’Arc.

 

Le décor dans l’aile

 

Modèles spécifiques à Aumale : 
Une guirlande de fleurs de pommiers, une guirlande de clochettes, un motif en alternance d’agrafes fleurdelisées, des motifs végétaux, un composé de pampres de vigne, l’autre de fleurs palmées, des dessins géométriques circulaires et des palmes stylisées. 
184. Cette influence havraise doit conduire à des décors de fleurs très dénudés

 

Matière de fabrication à Aumale

 

Il s’agit d’une faïence à l’anglaise, appelée aussi « terre de pipe » , composée essentiellement d’argile plastique grise et de silex calciné, broyé, recouverte d’un émail transparent plombifère.

 

 

 

 

Les grès de Martincamp

 

 

Martincamp est un hameau de la commune de Bully, dans le Pays de Bray, en Seine-Maritime. Du XVIe au XIXe siècle, ce fut le centre le plus important du département pour la production de poterie populaire. Des centaines de potiers, concentrés dans un hameau plus important que le centre de la commune, ont fabriqué jusqu’à plus de 500 000 pièces par an. Les poteries sont ensuite exportées dans un large rayon, vers Rouen, Paris, la Picardie et le nord de la France et, par Dieppe, vers l’Angleterre et l’Amérique. On distinguait les petits et les grands potiers. Les premiers produisaient une poterie commune, cuite à moins de 900° et le plus souvent vernissée au plomb. Leurs décors les plus recherchés sont les coqs, les chevaux, les cerfs, mais il existe une infinie variété de décors non figuratifs, ainsi que des objets monochromes. Les seconds ne décorent pas leurs pièces mais font du grès, cuit à près de 1 300° et de ce fait naturellement imperméable. En s’installant à Martincamp, les potiers s’éloignaient un peu des carrières de terre à pot. Celle-ci provient des affleurements des sables et argiles du Wealdien sur le territoire de la commune de Quièvrecourt. Ils sont au plus près de la forêt d’Éawy, dans laquelle une protection puissante leur a accordé un privilège du roi sur une vente annuelle de bois. Le prix élevé de celui-ci, la concurrence d’autres matériaux, la mode et l’évolution des goûts ont entraîné le déclin de la production à la fin du XIXe siècle. Le dernier potier, Jean Laurent, meurt en 1910.

 

Thérèse-Marie Dubois Hébert a soutenu en janvier 2010 une thèse de doctorat à l’université de Rouen, sous la direction d’Anne-Marie Flambard Héricher : « Les potiers de Martincamp (XVIIe-XIXe siècle). Elle étudie la vie et le travail des potiers en utilisant différentes sources d’archives : haute-justice, rôles de taille, état-civil, statistiques industrielles, archives ecclésiastiques, etc. Ces sources nous renseignent sur la terre utilisée, sur l’épineux problème du bois de chauffage, sur la commercialisation de la marchandise. Une étude typologique s’appuie sur des milliers de pièces conservées dans les collections publiques et privées.

 

« Terre de Bray » a repris une production de poteries « À la mode de Martincamp » en adaptant les formes des poteries traditionnelles avec des créations décoratives. Vous trouverez quelques exemples dans la page "boutique" du site.

 

 

 

Terre de Bray est un atelier de poterie associatif dont une des caractéristiques est la sauvegarde des «savoir-faire» autour de la terre, de l’argile du Pays de Bray.

Où trouver nos créations ?

 

Toutes nos créations sont en vente à la boutique de l'atelier, 

  43 Grande rue à Gaillefontaine (76870).

Nous sommes ouverts du jeudi au samedi de 9 h 30 à 12 h 30,  et de 14 h 00 à 18 h 00.

 

Certaines de nos créations sont également en vente

à Forges Les Eaux, au magasin "D'ici & d'Ailleurs",  6 Place Brévière,

à Neuchâtel en Bray, au magasin "Neufchâtel en Bio",  16 bd du maréchal Joffre.

 

Nous ne proposons pas la vente par correspondance.

Paiements acceptés : espèces, chèques, cartes bancaires,

Tous nos produits sont garantis sans plomb.